Qualité de l'eau
Analyse de l'eau de puits, ce qu'il faut vérifier

L'eau d'un puits ou d'un forage s'analyse dès qu'elle sert à boire, à cuisiner ou à se laver, et c'est une obligation déclarative si elle est destinée à la consommation humaine. Une analyse vérifie au minimum les bactéries, les nitrates et quelques paramètres simples.
Quand faire analyser l'eau
À la fin d'un forage neuf, si l'eau doit être bue, l'article R2224-22-1 du code général des collectivités territoriales demande de joindre une analyse à la déclaration de fin de travaux. Elle se dépose en mairie, par le téléservice DUPLOS.
Pour un vieux puits remis en service, l'analyse s'impose aussi avant tout usage à la maison. Une eau restée longtemps immobile n'a pas forcément la qualité d'une eau qui circule.
Le formulaire Cerfa 13837*03 précise le contenu attendu. Pour un usage unifamilial, il s'agit d'une analyse de type P1, chlore excepté, telle que définie par un arrêté du 11 janvier 2007 sur le contrôle sanitaire de l'eau du réseau.
Le même formulaire ajoute que, hors usage unifamilial, une autorisation préfectorale est nécessaire, au titre de l'article L1321-7 du code de la santé publique. C'est le cas d'un gîte qui servirait l'eau du forage à ses hôtes.
Les paramètres et leurs limites officielles
L'arrêté du 11 janvier 2007, annexe I, fixe les limites de qualité de l'eau du robinet. Pour les nitrates, la limite est de 50 milligrammes par litre, et de 0,50 milligramme par litre pour les nitrites.

Côté bactéries, les germes Escherichia coli et entérocoques doivent être absents dans 100 millilitres. Leur présence signale un contact avec des eaux de surface ou des rejets.
Le même texte donne des références de qualité, des seuils d'alerte plutôt que d'interdiction : 200 microgrammes par litre pour le fer, 50 pour le manganèse, 250 milligrammes par litre pour les chlorures et les sulfates.
Ce que révèle le sous-sol du Vaucluse et du Gard
La fiche de la nappe de la Vistrenque, au sud de Nîmes, publiée par l'agence de l'eau Rhône Méditerranée, signale localement des nitrates et des pesticides au-delà des normes. Elle relève aussi des chlorures en hausse vers l'est et le sud de Saint-Gilles.
Dans les Monts de Vaucluse, la fiche des calcaires urgoniens décrit une forte vulnérabilité. Dans ce calcaire fissuré, une pollution de surface peut gagner la nappe vite.
La même fiche signale la zone vulnérable aux nitrates du Comtat Venaissin. Autour de Carpentras, une analyse des nitrates est donc un minimum.
Comment se passe un prélèvement
Le laboratoire agréé fournit des flacons stériles et une notice. On laisse couler l'eau quelques minutes pour vider le tuyau, puis on remplit sans toucher l'intérieur du bouchon.
Les flacons voyagent au frais et arrivent vite au laboratoire, le jour même si possible. Un délai trop long fausse les résultats bactériologiques.
Que faire si l'analyse est mauvaise
Une contamination bactérienne vient souvent d'une tête d'ouvrage mal fermée ou d'une infiltration le long du tube. La première réponse est de refaire l'étanchéité, avant tout traitement.
Pour les nitrates ou les pesticides, la solution dépend de la nappe elle-même. L'eau reste parfois utilisable pour l'arrosage tout en étant impropre à la boisson.
Si la maison est aussi raccordée au réseau public, l'article R1321-57 du code de la santé publique impose de le protéger contre tout retour d'eau du puits. Les deux réseaux restent séparés, sans liaison directe.
Les démarches de déclaration et de fin de travaux sont détaillées dans l'article sur la déclaration DUPLOS.
Notre accompagnement
Lors d'une remise en service de puits, nous nettoyons l'ouvrage, refaisons la tête étanche et vous orientons vers un laboratoire agréé. Vous savez ensuite ce que votre eau permet, arrosage seul ou usage à la maison.