Eau et sous-sol
Nappe alluviale du Rhône et de la Durance, forer

Une nappe alluviale est une eau logée dans les graviers et galets laissés par un fleuve. Dans les plaines du Rhône et de la Durance, elle est souvent proche de la surface.
Elle est aussi hétérogène et fragile. Ces deux traits changent la façon de forer, d'équiper l'ouvrage et de le protéger en surface.
Ce que cachent les plaines du Rhône et de la Durance
Sous les vergers et les jardins de la plaine, le fleuve a laissé des couches de sables, de galets et de cailloutis. La fiche FRDG382 de l'agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse les décrit pour les alluvions du Rhône.
La même fiche précise que ces graviers sont recouverts de limons d'inondation, une terre fine de 2 à 8 mètres d'épaisseur environ. Ces limons masquent les anciens chenaux du fleuve, invisibles depuis la surface.
Entre ces grains, l'eau circule assez librement. C'est ce qui fait la qualité d'une nappe alluviale pour un particulier. Un forage bien placé dans une couche de graviers propres donne souvent un débit régulier sans descendre très profond.
Pourquoi deux forages voisins diffèrent
Côté Durance, la fiche FRDG359 note de fortes hétérogénéités, liées à la manière dont les alluvions se sont déposées dans d'anciens chenaux. Une couche de galets propres peut céder la place, quelques mètres plus loin, à une couche plus argileuse.

Pour un propriétaire, cela veut dire une chose. Le débit du voisin donne une indication, pas une promesse. Nous consultons les ouvrages déjà connus et mesurons le débit réel par un essai de pompage après le forage.
Cet essai consiste à pomper pendant plusieurs heures en suivant la baisse du niveau d'eau. Il dit combien le forage peut fournir sans s'épuiser, et donc quelle pompe installer.
Une eau proche, et donc à protéger
La fiche FRDG382 cite Avignon, Orange et Sorgues parmi les villes qui puisent une part de leur eau potable dans ces alluvions. La nappe est précieuse, et proche des activités de surface.
C'est pourquoi la tête du forage et son étanchéité comptent autant ici qu'en colline. Notre article sur la tête de forage détaille ce qui ferme l'ouvrage en surface.
Les distances de service-public.fr s'appliquent aussi en plaine. L'ouvrage doit être à plus de 35 mètres des installations d'assainissement, et à plus de 50 mètres des parcelles où des effluents d'élevage sont épandus.
Crues et niveau de la nappe
Une nappe alluviale suit en partie son fleuve. Elle remonte en hiver et lors des crues, puis baisse pendant l'été et l'étiage, la période des plus basses eaux. Le niveau mesuré un jour ne vaut pas pour toute l'année.
En zone inondable, la tête de forage doit aussi rester au-dessus des plus hautes eaux connues, comme le demande l'article 10 du règlement sanitaire départemental du Vaucluse.
Dans le Gard, la même logique vaut pour les plaines du Rhône autour de Beaucaire et de Bagnols-sur-Cèze. Nous regardons les crues passées avant de fixer la hauteur de la tête.
Comment nous forons dans les alluvions
Dans les graviers, le trou se referme facilement. On équipe donc le forage d'un tube plein en haut et d'une crépine en face de la couche d'eau, entourée d'un massif de graviers calibrés qui retient le sable.
Nous travaillons ainsi d'Avignon à la basse vallée de la Durance. Pour le détail du chantier et de l'équipement, voyez notre page forage d'eau pour particulier.
La pompe se règle ensuite sur le débit mesuré. Une pompe trop forte pour le forage aspire du sable et use l'ouvrage, même dans une belle couche de graviers.