Chantier
Tête de forage, ce qui protège la nappe en surface

La tête de forage est la partie de l'ouvrage qui sort de terre. C'est ce qu'on voit d'un forage fini, et ce qui protège l'eau pour longtemps.
Son rôle tient en une phrase. Empêcher toute eau de surface de rejoindre la nappe, grâce à un capot fermé, un tube surélevé et une dalle en pente autour.
Pourquoi la tête de forage compte autant
Un forage relie la surface à une nappe souterraine. Sans protection, il devient un raccourci pour l'eau de pluie, l'arrosage chargé d'engrais ou un débordement de fosse septique, qui descendraient tout droit vers l'eau que vous pompez.
La page du ministère de la Transition écologique sur les forages d'eau souterraine le dit clairement. Un forage mal conçu est un point d'entrée de pollution vers les eaux souterraines, pour vous et pour vos voisins qui puisent dans la même nappe.
La même page cite un autre risque, moins connu. Un forage raccordé par erreur au réseau d'eau potable de la maison peut renvoyer son eau dans le réseau public. La tête de forage et la sortie de la pompe doivent donc rester bien séparées.
À quoi ressemble une tête de forage bien faite
Le guide départemental du forage publié par la Chambre d'agriculture du Gard décrit les éléments attendus en surface. Il vise d'abord les forages agricoles, mais les règles de l'art sont les mêmes pour un jardin.

- un capot fermé, idéalement cadenassé
- un tube qui dépasse d'au moins 50 cm le terrain naturel
- une margelle de 3 m² au minimum et de 30 cm de haut
- une pente vers l'extérieur, pour chasser l'eau
Sous la margelle, l'espace entre le tube et le terrain est cimenté sur sa partie haute. C'est ce bouchon qui empêche l'eau de glisser le long du tube.
Sans lui, la plus belle dalle ne sert à rien. L'eau trouverait un chemin le long de la paroi extérieure du tube et descendrait jusqu'à la nappe sans jamais passer par le capot.
Ce que dit le règlement sanitaire du Vaucluse
Le règlement sanitaire départemental du Vaucluse, publié par l'ARS PACA, consacre son article 10 aux puits et forages. Il veut un couvercle posé plus haut que le sol, qui ferme assez bien pour qu'aucune bête ni feuille ne tombe dedans.
Il impose aussi un sol rendu étanche sur au moins 2 mètres autour de l'ouvrage, en pente vers l'extérieur. Il interdit d'utiliser un puits ou un forage pour y faire disparaître des eaux usées.
Zone inondable, bord de Rhône et de Durance
Dans les plaines du Rhône et de la Durance, le terrain peut être inondé. Le même article du règlement sanitaire du Vaucluse fixe alors la hauteur de la margelle au-dessus des plus hautes eaux connues, et non du sol.
Nous regardons donc l'histoire du terrain avant de fixer la hauteur de la tête. Une tête noyée lors d'une crue laisse entrer une eau boueuse directement dans le forage.
Le même raisonnement vaut pour les terrains en pente des collines. L'eau de ruissellement d'un orage suit la pente et cherche le moindre passage. Une dalle bien orientée la détourne avant qu'elle n'atteigne le tube.
Une tête de forage qui dure
Une tête bien faite ne demande presque rien. On vérifie que le capot ferme, que la dalle n'est pas fissurée et que rien ne s'appuie contre le tube. Les câbles de la pompe passent par une sortie prévue et étanche.
Nous la soignons sur chaque forage d'eau pour particulier. Si votre forage date d'avant ces règles, une reprise de la tête est souvent possible, et notre article sur la déclaration DUPLOS rappelle les démarches.