Eau et sous-sol
Puits artésien, ce qu'il faut savoir dans le Vaucluse

Un puits artésien est un forage qui atteint une nappe captive, prise sous une couche imperméable et sous pression : l'eau remonte seule dans le tube, parfois jusqu'à jaillir.
Dans le Vaucluse et le Gard, les nappes des alluvions sont surtout libres, mais des secteurs captifs existent sous les argiles et les marnes.
Nappe libre et nappe captive
Une nappe libre est une eau souterraine dont le niveau monte et descend avec les pluies et les saisons, sans couvercle au-dessus. On la rencontre dans les alluvions, ces dépôts de sable et de galets laissés par les rivières.
Une nappe captive est coincée entre deux couches imperméables, souvent des argiles ou des marnes. Alimentée plus haut, là où la roche affleure, elle se retrouve sous pression. Quand le forage perce le couvercle, l'eau monte dans le tube au-dessus du toit de la nappe.
Les Costières, au sud de Nîmes, montrent un troisième cas. La fiche de l'agence de l'eau y décrit une nappe perchée, posée sur un fond imperméable placé haut, alimentée par la seule pluie et presque vide certains étés.
Les secteurs artésiens du Vaucluse et du Gard
La fiche de la masse d'eau des alluvions du Rhône, de Donzère au confluent de la Durance, publiée par l'agence de l'eau Rhône Méditerranée, décrit une nappe libre qui devient captive sous les limons, notamment dans la plaine de Donzère Mondragon.

Même logique pour la basse Durance : la fiche de cette masse d'eau la décrit comme généralement libre et peu profonde, et parfois captive ou semi-captive sous les recouvrements limoneux. Entre Cavaillon et Avignon, la coupe du terrain décide.
Plus à l'est, la fiche des calcaires urgoniens du plateau de Vaucluse indique que le long du couloir du Calavon, vers Apt, une couverture de marnes et d'argiles rend la nappe de ces calcaires captive. Le phénomène n'est donc pas réservé aux plaines.
L'eau qui jaillit, une bonne nouvelle à encadrer
Une eau qui monte seule fait gagner de la hauteur de pompage. Elle demande aussi de la maîtrise : un forage artésien mal fermé laisse couler la nappe en continu et peut mettre en contact deux eaux qui ne devraient pas se mélanger.
Nous équipons ces ouvrages d'une tête étanche avec vanne, et nous cimentons l'espace entre le tube et la roche pour que l'eau ne remonte que par le tube. C'est la même exigence d'étanchéité que pour tout forage d'eau pour particulier.
Une nappe captive est aussi mieux protégée des pollutions de surface par son couvercle d'argile. Raison de plus pour ne pas le percer n'importe comment.
Déclarer et équiper un puits artésien
Un puits artésien se déclare comme tout ouvrage domestique, en mairie par DUPLOS, avec la nappe visée et sa profondeur. Le détail des étapes figure dans notre article sur la déclaration DUPLOS.
Côté équipement, l'eau qui monte seule change le calcul de la pompe. Le niveau de départ remonte, la hauteur à vaincre baisse. Ce chiffre pèse au moment de choisir la pompe immergée.
Comment savoir avant de forer
Les forages voisins racontent beaucoup. La Banque du sous-sol du BRGM, consultable sur InfoTerre, rassemble les coupes des ouvrages déclarés, avec les couches traversées et parfois le niveau d'eau.
Avant chaque chantier, nous lisons ces coupes et les fiches de l'agence de l'eau pour votre commune. Elles disent si une couche d'argile est probable, à quelle profondeur, et si un jaillissement est plausible. La réponse définitive vient toujours du forage lui-même.